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Bond… junk bond – les obligations à haut rendement

Avez-vous déjà entendu parler des obligations de pacotille (junk bonds) ? Ce n’est pas le nom le plus attrayant alors vous pouvez les retrouver sous le nom plus vendeur d’obligations à haut rendement (high yield bonds). Ce sont pourtant des obligations comme les autres dans leur structure et dans leur fonctionnement alors pourquoi les appeler ainsi?

Une question de crédit

Les agences de notation de crédit comme Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch attribuent des notes aux entités qui émettent des obligations, afin d’aider à déterminer quelles sont les titres les plus risquées. Une obligation notée entre AAA et BBB est considérée comme étant de bonne qualité. Il y a un faible risque de défaut de l’emprunteur et les taux d’intérêts sont souvent bas. Ce sont les gouvernements des pays industrialisés et les compagnies les plus puissantes qui ont de telles notes.

En revanche, entre BB et D, les obligations sont considérées comme spéculatives voire dangereuses pour les pires notes. Pour trouver des prêteurs, ces entreprises n’ont pas d’autres choix que de proposer des taux d’intérêt plus élevés. On peut remettre en cause le système de notation et se méfier des agences mais cela donne une idée globale du risque encouru. Toute la question maintenant est de savoir si ces obligations à haut rendement sont un moyen acceptable d’obtenir plus de revenus.

Plus de rendement

Le terme d’obligation de pacotille est probablement un peu trop anxiogène. Ces obligations n’ont pas des résultats si catastrophiques. Si on en croit cette analyse de mars 2020, Standard & Poor’s estimait que le taux de défaut des obligations à haut rendement atteindrait les 10% au cours de l’année 2020, à cause de la pandémie. Ce genre de prédictions ne m’intéressent pas vraiment, mais ce que je lis surtout, c’est que le taux habituel de défaut est à 3,1%. Je pense que si un investisseur retraité est bloqué avec des rendements autour des 2%, ce genre d’obligations peut lui permettre d’obtenir un plus gros revenu à condition de respecter certaines règles de prudence.

3,1% est un risque largement acceptable. Le problème c’est que ce chiffre sera vite ajusté à la hausse en fonction de la conjoncture. En cas de récession, les faillites peuvent s’enchaîner rapidement et c’est pourquoi il est encore plus important de se diversifier dans ce secteur. Bien entendu, les obligations demeurent moins risquées que les actions. Il y a des chances de recouvrer une partie de son argent s’il reste des meubles à vendre dans les bureaux lors de la liquidation. Mais si vous investissez dans un ETF qui traque ces obligations, les intérêts qu’on vous reverse devront normalement compenser les quelques couacs qui pourraient arriver.

Une compagnie comme Ford Motor, notée BB+, émet en ce moment des obligations qui paient 4,18% par an. Moody’s considère cette obligation comme spéculative et ce n’est pas à moi de contester leur jugement.

Par contre, je sais que beaucoup de gens se sentiraient à l’aise avec l’idée de prêter leur argent à Ford Motor. Il se murmure souvent que ce genre de compagnies se feront probablement sauver par le gouvernement fédéral américain en cas de problème, comme General Motors. L’ennui c’est qu’on ne sait jamais et le too big to fail peut avoir ses limites. L’idéal serait d’investir dans un ETF comme XHY, qui investit aux États-Unis, paie environ 4,42% par an et a rapporté 5,68% par an depuis sa création en 2010.

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Toujours pour mitiger les risques, il ne faudrait pas remplacer toute son allocation aux obligations par de tels produits. Si vous êtes à 40% d’obligations par exemple, vous pourriez consacrer 10% de cette part en obligations à haut rendement et garder les 30% restants en obligations gouvernementales. Ou alors, vous pouvez baisser votre allocations aux actions. Vous pouvez ajuster différemment comme vous le souhaitez mais gardez en tête que vous ajustez aussi la volatilité de votre portefeuille.

Cela en vaut-il la peine?

Personnellement, les obligations à haut rendement ne m’intéressent pas. Bien entendu, vous savez déjà que je ne veux surtout pas toucher de plus gros revenus en phase d’accumulation, mais ce n’est pas vraiment le problème ici. On pourrait en acheter dans un CELI pour ne plus se soucier des impôts, ni vu ni connu.

Non, ici je me demande surtout quel va être le rôle de ce produit dans mon portefeuille. Si je veux de la performance, le meilleur choix va être les actions. Si je veux de la sécurité et des corrélations négatives, le meilleur choix va être les obligations de grande qualité. Pourquoi irais-je choisir un produit moins performant que des actions, et moins sûr que la dette fédérale canadienne? Si vous êtes prêts à prendre des risques, prenez les avec des actions. Si vous doutez des obligations gouvernementales, par crainte de surendettement des états, ou de hausse des taux d’intérêts, alors oui, vous pouvez utiliser les obligations à haut rendement. Mais comprenez bien le risque que vous prenez. Si les taux d’intérêts grimpent, Ford Motor aura peut-être plus d’ennuis que le fédéral. Si la bourse chute et qu’il y a une récession, les actions plongeront ainsi que les obligations des mêmes compagnies. Ce ne sera pas forcément le cas des obligations du gouvernement. Le nom « obligation de pacotille » est probablement trop connoté négativement, et ce ne sont pas de mauvais investissements en soi, surtout avec un taux de défaut de 3,1% uniquement.

Au final, la seule chose qui est attractive avec les obligations à haut rendement est leur taux d’intérêt élevé. Mais, justement, j’essaie d’expliquer dans mes articles récents, que les paiements en liquide ne sont pas la seule source de revenu du capital, et sont encore moins efficaces sous la forme d’intérêts. Tant que les actions croissent et paient des dividendes, elles resteront mon choix de prédilection pour la part de risque dans mon portefeuille.

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