Aller au contenu principal

Les 10 choses à savoir avant de venir vivre au Canada

Allez ! Ça fait longtemps que je veux écrire un article comme ça sur le Canada et sur les points un peu sensibles des candidats à l’immigration ! Et comme ces derniers temps, on m’a posé beaucoup de questions sur la vie d’expatriés au Canada, je me lance aujourd’hui dans cette liste de choses à savoir, d’après moi.

En discutant avec pas mal de personnes sur les réseaux, je me suis rendue compte du décalage qu’il peut y avoir entre l’idée qu’on se fait de la vie au Canada quand on est en France et la réalité. Déjà, je veux établir un truc : si vous souhaitez venir vivre au Canada, comprenez bien une chose : l’organisation, le fonctionnement, les mentalités, le coût de la vie, le système de santé et d’éducation, varient radicalement d’une province à une autre. Donc faites vos recherches avant de vous lancer et de choisir une province ! Et surtout, n’hésitez pas à aller vers des provinces dont on parle peu en France ! 

1 – On ne voyage pas facilement à l’intérieur du Canada

Ça, je me suis rendue compte que peu de gens le savait en France ! Sachez qu’au Canada on est bien loin des vols à bas prix comme ceux qu’on réserve chez EasyJet pour partir un week end à Londres ou  à Amsterdam… Ici, le moindre vol coûte plusieurs centaines de dollars, même s’il s’agit uniquement de faire Calgary/Vancouver (à peine 1h30 d’avion). Vous allez me dire qu’on peut alors prendre la voiture ? Eh bien non, à moins d’avoir beaucoup de temps devant soi. Calgary/Vancouver se fait en voiture, mais comme il faut passer par les Rocheuses, la route est pas la plus facile et surtout, la vitesse est très limitée dans les montagnes. La plupart des gens qui y vont en voiture mettent au mieux 15h à faire le trajet. Et pour rejoindre Montréal de Calgary ? Comptez 4 jours de route minimum.

Pour le train, ce n’est pas un service qui est développé au Canada. Personne ne prend le train ou presque, les lignes sont quasi-inexistantes, le train roule très lentement et s’arrête apparemment la nuit (d’après ce qu’on m’a dit).

Certaines personnes voyagent en bus d’est en ouest du Canada, mais là encore ça prend beaucoup de temps et la principale compagnie de bus à faire le trajet a récemment fermé les lignes les plus à l’ouest.

2 – Chaque province a son propre fonctionnement

Carte_administrative_du_Canada

Encore une chose importante à savoir : que ce soit au niveau de la santé, de l’éducation, de la sécurité, de l’entretien des routes, tout est géré par la province.

Donc, si vous souhaitez immigrer et que vous vous demandez comment faire reconnaitre vos diplomes il faudra s’adresser à la province que vous avez choisie. Il n’y a pas UNE SEULE règle pour les équivalences. Chaque province décide ou non de reconnaître votre expérience et votre formation. Dans le cas des profs, par exemple, il faut consulter et faire les démarches auprès de l’ordre/de l’association/du ministère de la province où vous souhaitez enseigner. Et si vous changez de province, il faudra recommencer.

Il en va de même pour la santé. Chaque province a ses règles et sa carte de santé (comme la carte vitale). Pour le permis de conduire, c’est encore la même chose. Vous échangerez votre permis français pour un permis de la province dans laquelle vous vous installerez, pas contre un permis canadien. Et si vous avez des questions sur un de ces points, n’hésitez pas à les poser en commentaire.

3 – Les démarches d’immigration sont longues et difficiles

À chaque fois qu’on vient me poser des questions sur le processus d’immigration, j’avoue, je me sens un peu mal. J’ai toujours l’impression de détruire les rêves et les espoirs d’installations des gens.

Non mais je vous jure ! C’est pas facile.

En fait, c’est juste qu’immigrer au Canada c’est vraiment pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer. Je vais vous simplifier la chose ici :

  • Soit vous êtes jeunes (moins de 35 ans) et vous pouvez faire le permis Vacances-Travail pendant 2 ans, puis demander la résidence permanente pendant votre séjour.
  • Soit vous faites partie de la liste de professions recherchées par le Canada et vous pouvez demander un permis de travail ouvert
  • Soit un employeur vous sélectionne et accepte de vous parrainer pour un permis de travail fermé (qui vous lie à cet employeur seulement) – c’est rare de trouver un employeur qui accepte de faire ça, puis que l’emploie remplisse la liste de conditions nécessaires pour que le permis soit accepté.
  • Soit vous demandez dès la France la résidence permanente après avoir fait le test en ligne qui vous dira si vous êtes éligibles. Ce test permet de savoir combien de points vous avez accumulé grâce à vos diplômes/expériences de travail/langues parlées, etc.
  • Enfin, vous pouvez aussi faire vos études au Canada (avec un permis d’études), puis une fois diplômés, demander un permis de travail ouvert post-études.

Voilà en gros les possibilités pour immigrer au Canada. Il faut aussi savoir que chaque demande peut prendre des mois et des mois. Personnellement, j’ai déjà attendu 6 mois un permis de travail et j’ai attendu 4 ans la résidence permanente. Donc c’est possible, mais il faut bien s’organiser et réfléchir à son plan si on veut venir s’installer au Canada.

4 – Le Canada est un pays multiculturel

Hm, comment dire ça ? Si vous n’êtes pas ouverts aux autres cultures, à des façons de faire différentes ou à accepter que l’on parle différentes langues autour de vous, le Canada n’est sans doute pas un bon choix.

Je travaille avec des français, des québécois, des franco-ontariens, des canadiens d’origines congolaises, camerounaises, indiennes ou sénégalaises. On mange un peu de tout au travail, c’est un gros mélange de cultures, on apprend les uns des autres et tout se passe super bien.

Donc voilà, petit message à ceux (j’en ai eu malheureusement qui sont venus me parler) qui n’apprécient pas certains étrangers : passez votre chemin, merci.

 

5 – Il y a des francophones PARTOUT AU CANADA – PAS JUSTE AU QUÉBEC !

Fait méconnu des français : il y a bien des francophones partout au Canada, donc en dehors du Québec. Il y en a moins qu’au Québec c’est sur, et dans la rue la plupart des gens parleront anglais en Alberta ou en Ontario, mais il y a quand même un bon paquet de francophones. Dans ma petite ville de campagne de l’Alberta, il y a beaucoup de francophones. On en croise dans les supermarchés, à la piscine, au parc ou au restos. Et ces francophones se regroupent encore plus quand ils sont en minorité, ce qui est très sympa quand on débarque.

Si vous ne parlez pas anglais et que vous avez peur de ne pas vous en sortir dans une province anglophone, ne vous inquiétez pas. Déjà, on apprend vite la langue et ensuite, il y a beaucoup de groupes d’expats ou de francophones hors-Québec, prêts à vous filer un coup de main. Pour vos enfants, il y a des écoles francophones partout au Canada qui sont d’un très bon niveau. Dans les écoles francophones, l’anglais enseigné est l’anglais en tant que langue maternelle, donc pas de souci ensuite pour parler anglais et faire des études bilingues à l’université.

6 – Les produits français sont chers et souvent introuvables, en dehors du Québec

SVP, ne vous attendez pas à trouver au supermarché (hors Québec) des produits français juste un peu plus chers qu’en France parce que ça n’arrivera pas. Ici, le moindre morceau de camembert pas top coutera 5$ pour 130g. Et au niveau du choix des fromages ou de la charcuterie, il est inexistant. C’est juste incomparable avec la France… Il faut l’accepter.

On ne trouve pas non plus de crème fraiche ou de pâte brisée/sablée/feuilletée fraîches. Les yaourts sont totalement différents au niveau du goût, les biscuits sont archi-sucrés, le pain est pas comparable, bref, je pense que vous saisissez l’idée. Alors bien sûr, si vous vous installez au Québec, oubliez ce que vous venez de lire ! Vous trouverez là-bas de bons produits (plus chers qu’en France, mais c’est trouvable). Même chose si vous vivez dans une métropole comme Toronto où tout se trouve, ou presque. Mais dès qu’on s’éloigne des métropoles de l’est, c’est mort pour les produits français. On mange différemment et on apprend à apprécier les retours en France pour le bon pain, le bon fromage et les pâtisseries !

7 – Le système éducatif est très bon MAIS très différent de la France

Oubliez le système français ici parce que tout est très différent. Je sais que certains parents qui arrivent de France prennent peur quand ils inscrivent leurs enfants dans les écoles canadiennes puisque les écoles ici sont plus cool qu’en France. Ou du moins, elles en ont l’apparence.

En réalité, ce n’est pas vraiment ça. Disons qu’ici, on préfère juste mettre moins de pression sur les enfants et ados et qu’on accepte tous les élèves comme ils sont. On considère plus la progression des enfants que le résultat. On est plus dans l’accompagnement, l’épanouissement et le développement de la confiance en soi. C’est une autre philosophie, mais ça ne veut pas dire qu’on ne cherche pas à atteindre l’excellence.

Ce qu’on fait ici, c’est qu’on a l’habitude d’enrichir l’enseignement des élèves qui en ont besoin. On est vraiment plus dans l’enseignement individualisé. Par exemple, quand on a des élèves qui excellent en classe, on leur donne le programme du niveau suivant. Et quand on a des élèves qui n’arrivent pas à s’en sortir avec le programme de leur niveau, on refait le programme de l’année précédente. Mais tout le monde reste dans la même classe, sauf quelques exceptions qui justifient un redoublement ou un saut de classe.

Donc, chers parents français, si jamais vous mettiez votre enfant dans ma classe, j’évaluerais son niveau et je le ferais progresser au maximum de son potentiel, peu importe où il en est. Et c’est aussi pour cette raison qu’on accepte des élèves qui arrivent de l’étranger en parlant à peine français et qu’on les met quand même dans une classe « normale » avec d’autres élèves de leur âge. Ça ne me gêne pas d’avoir des élèves « en retard » puisque je vais surtout viser leur progression.

 

8 – Les canadiens sont (généralement) bien plus respectueux des consignes et des règles que les français

Je fais une grosse généralité. Il y a des cons des deux côtés, c’est normal. Mais quand même, si on prend l’ensemble de la société, les canadiens ont tendance à respecter les règles, c’est tout. On ne traverse pas si on a pas le bonhomme vert, on ne traverse pas n’importe où, on ne jette pas de déchets dans la rue, on ramasse les crottes de son chien, et ainsi de suite. Je sais que certains vont me dire : mais moi j’ai visité Toronto et c’était dégueulasse, etc, etc, et ce sera sans doute vrai. Dans les grosses villes, c’est sans doute plus difficile de se rendre compte de ce respect des canadiens, mais croyez-moi, on le voit très bien quand on vit ici.

D’ailleurs, des fois je suis vraiment choquée quand je croise des touristes français dans les Rocheuses qui parlent très forts, traversent n’importe où, ou ce genre de trucs. Mais je sais que ce sont juste des habitudes culturelles, une autre façon de faire.

9 – Les villes sont très étalées, on s’en sort difficilement sans voiture, sauf dans les métropoles

Avant de vivre en Alberta à la campagne, j’étais à Windsor, en Ontario, une ville de 300 000 habitants. Il y avait des transports en commun, mais vraiment très peu développées, genre 2 ou 3 lignes de bus seulement. Et surtout, Windsor faisait la superficie de Paris… Donc sans voiture, c’était très difficile de se déplacer d’un coin à un autre de la ville. C’est pour ça que beaucoup de canadiens ont une ou deux voitures, voire plus, et que tout le monde prend sa voiture même si c’est que pour faire 3km.

Dans la ville où on vit maintenant, il n’y a aucun transports en commun. La ville est quand même très étalée et les gens ne peuvent pas se passer de voiture. Il y a 6km entre le coin des nouvelles résidences/apparts et le premier supermarché. Il fait très froid l’hiver, c’est donc vraiment irréaliste de penser qu’on peut s’installer dans une ville comme la mienne sans voiture, ou alors il faut penser à un budget taxi pour les courses et faire beaucoup de co-voiturage. Pas mal de gens en ville font ça d’ailleurs !

10 – En dehors des métropoles, la vie culturelle est limitée

Ça c’est l’aspect un peu triste des villes en dehors des métropoles de l’est. Que ce soit à Calgary ou à Edmonton, la vie culturelle est très limitée comparée à Montréal ou Toronto et encore plus si on la compare à nos capitales européennes. Les festivals me manquent, la musique live me manque, les musées, les expos, les rues animées, les petits cafés ou les restos atypiques, tout ça me manque beaucoup. Ça fait partie de ce que je considère comme la vie culturelle et… c’est pas vraiment quelque chose qu’on peut retrouver ici, surtout en Alberta.

Alors bien sûr, il y a des choses qui se font, en particulier à Edmonton. Mais ça reste incomparable avec ce qu’on a en Europe.

Par contre, les activités en plein-air sont très développées et c’est sur ça qu’il faut miser. Si vous aimez la randonnées, le ski, vous promenez, si vous faites beaucoup de sports, le Canada est fait pour vous.

Et voilà, ma liste de points importants est terminée. Si vous en avez d’autres à ajouter n’hésitez pas à en parler dans les commentaires !

2 Comments »

    • Haha oui j’imagine ! Je parle presque jamais du Québec d’ailleurs parce que je sais que c’est vraiment très différent des deux provinces dans lesquelles j’ai vécu depuis mon arrivée ici.

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :