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N’épargnez pas dans votre CELI

J’ai eu l’occasion de parler du REER dans un article précédent sur les impôts mais il me reste encore à parler du cas du CELI (Compte d’Épargne Libre d’Impôt) et pourquoi vous ne devriez JAMAIS l’utiliser comme un simple compte d’épargne.

N’allez pas à la banque

La première fois que j’ai eu un rendez-vous avec un conseiller financier dans une banque canadienne (2012), je n’ai pas compris ce qui m’était arrivé. J’étais venu pour demander quoi faire avec mon épargne, après mon premier salaire, et je suis reparti avec un compte d’épargne rapportant 2% et un fond mutuel (à 2% de frais) avec contribution automatique de 200$ tous les 15 jours, le tout dans un CELI. Je ne m’attendais pas à tant d’actions, de paroles et d’informations (en anglais en plus) et il a fallu que je rentre chez moi pour réfléchir et m’informer. Je ne savais même pas ce qu’était un CELI. Ça a été le grand déclic. Je peux vous dire que depuis, ce CELI n’existe plus (ou du moins il est vidé) et j’ai vendu ces fonds mutuels pour un portefeuille d’ETF passif et moins cher.

Oui, c’est là qu’a commencé mon histoire avec la finance. Avant ça, je ne m’intéressais pas au sujet. Déjà je ne gagnais vraiment rien et je n’avais jamais vraiment travaillé une année entière à temps plein. J’étais pourtant au Canada depuis 2009 mais je n’avais jamais fait de déclaration d’impôt. Dans ma tête: je ne gagne rien, je ne paie rien. Je n’avais même pas le statut de résident canadien, pourquoi aurais-je droit à quelque chose? Mais 3 ans plus tard, juste en m’informant sur le CELI, j’ai compris mon erreur. Si j’avais fait mes impôts en 2009-2011 la vie aurait été moins compliquée. Entre les crédits d’impôts remboursables et les allocations on s’en serait mieux sortis.

Mais 2012 est vraiment l’année où tout a changé. Fin des études, un permis de travail, premier vrai emploi (à temps partiel encore), première déclaration d’impôt avec récupération des dûs des années précédentes. Alors oui, ça arrivait quand nous en avions le moins besoin mais par contre ça tombait bien car j’avais une meilleure idée de ce que j’allais faire avec cet argent. J’allais le mettre dans mon CELI. Mais alors comment ça marche?

0 impôt

Le CELI a un fonctionnement très simple au niveau fiscal. Il n’y a pas d’impôt. Vous mettez de l’argent dedans et vous n’êtes jamais imposé ni sur vos dividendes ni sur vos gains. Vous pouvez faire votre day trading dessus et gagnez 3 millions sur votre mise de 5 000$ sans jamais être taxé. Le but de ce compte créé en 2008 était d’inciter les Canadiens à l’épargne car ils s’en détournent de plus en plus. La cible principale était les familles à faibles revenus et je vais vous expliquer pourquoi en dessous de certains revenus, il faut privilégier le CELI et laisser les REER de côté.

Tout dépend de votre taux marginal d’imposition. L’idéal est de contribuer à des REER quand vous êtes autour de 40% de taux marginal (provincial et fédéral), et de le retirer quand vous êtes à 23%. Faire l’inverse serait un suicide fiscal.

Les REER vous offrent une déduction. Vous déduisez de vos revenus ce que vous avez épargné et vos impôts baissent. Plus vous avez de hauts revenus, plus c’est intéressant de baisser vos impôts. Par contre, quand vous retirez l’argent, vous êtes imposés sur le retrait. Par conséquent, vous n’êtes gagnant que si vous étiez imposés fortement pendant votre vie active, et qu’une fois à la retraite vous avez baissé de tranche fiscale. Sinon, si vous êtes restés dans la même tranche de revenus de votre vie active à celle de retraité, vous ne profitez pas de grand chose. Pire, il se peut que vous perdiez des paiements complémentaires de retraite car vos REER pourraient vous faire passer pour « trop » riches. Alors bien-sûr vous avez tout de même profité de décennies de croissance d’investissement et de dividendes sans payer d’impôt dessus et il vaut mieux des REER que rien du tout. Mais pour cela il faut avoir investi et non ouvert un simple compte d’épargne à 1%.

 

Le CELI aussi c’est pour investir

Les REER sont catalogués dans nos cerveaux comme outil d’investissement car il servent à financer la retraite. Le CELI en revanche n’a pas d’utilité pré établie. Vous pourriez vous en servir comme épargne de précaution ou comme source de revenu supplémentaire à votre retraite. Bien-sûr, la dernière option est préférable. Donc si vous avez un CELI ouvert dans une banque, avec un compte d’épargne rapportant 2,5% ou moins, il va falloir arrêter ça. Le CELI a plus de potentiel que cela et c’est le gaspiller que de le laisser dormir. Alors allez ouvrir un compte de courtage en ligne avec Questrade ou ailleurs et commencez à bâtir votre portefeuille dès maintenant.

 

Le CELI en détails

Si vous ne connaissez pas encore les règles du CELI, les voici:

  • Le CELI a un plafond de contribution qui augmente chaque année. À partir de 2019, l’augmentation est de 6 000$.
  • L’espace de contribution s’accumule avec le temps depuis la création du CELI (ou vos 18 ans). En 2019, si vous n’avez jamais contribué à un CELI auparavant vous avez un maximum de 63 500$ de contribution possible. Pour un couple, cela représente 127 000$ investis à l’abris des impôts!
  • Il faut avoir 18 ans ou plus pour ouvrir un CELI. Vous ne pouvez pas en ouvrir un pour vos enfants mineurs (le REEE fera largement l’affaire).
  • Ne dépassez pas le plafond sinon les pénalités vous coûteront cher.
  • Pour connaître votre plafond, ouvrez un compte avec l’ARC (Agence Revenu Canada).
  • Vous pouvez retirer de l’argent quand vous le voulez. L’année suivante vous récupérez l’espace de contribution. Par exemple si en 2018 vous avez retiré 2 000$, en 2019 vous aurez droit de contribuer 8 000$ (6 000 annuel plus 2 000 retirés).
  • Vous pouvez ouvrir plusieurs CELI avec plusieurs banques différentes, si vous aimez gérer les choses compliquées alors qu’elles devraient être simples.

Optimisation fiscale du CELI

L’idéal pour votre CELI est d’y mettre des obligations ou tout autres investissements qui rapportent des intérêts. C’est possible que l’on vous dise au contraire d’y mettre des actions pour pousser la croissance du CELI au maximum et l’idée n’est pas mauvaise. Cependant, il faut considérer son portefeuille dans son intégralité. Lorsque vous arrêterez de travailler, vos revenus peuvent venir d’une combinaison de pensions, de loyers, de vos REER, de votre compte taxable ou de votre CELI. Mis à part le CELI, vous devrez payer des impôts sur toutes ses sources de revenus. En général, il vaut mieux avoir des gains de capitaux et des dividendes, plus favorablement taxés, dans ces autres comptes. Les intérêts qui sont taxés plus durement doivent provenir d’un CELI pour justement éviter l’impôt. Il y a des cas particuliers où cela n’est pas nécessaire comme par exemple:

  • Vous n’investissez que dans un CELI sans avoir d’autres comptes. Dans ce cas, si tout votre portefeuille est dans un CELI, répartissez vos actifs comme vous l’entendez dans ce compte.
  • Votre profil est agressif et vous avez peu ou pas d’obligations dans votre portefeuille. Dans ce cas, gardez en tête que vous ne serez peut-être pas agressif toute votre vie. Arrivera un moment où une dose de sûreté dans votre portefeuille sera utile. Rien ne vous empêchera de convertir vos actions en obligations dans votre CELI. Vous ne paierez aucun impôt sur les gains de capitaux, juste une commission de 10$ environ.
  • Vous êtes adeptes du day trading. Si vous aimez vraiment multiplier les transactions et réaliser fréquemment des gains, faîtes le au moins dans un CELI ou REER pour éviter l’impact fiscal d’une telle stratégie.

Finalement, un dernier avertissement destiné justement aux profils agressifs ou aux traders impétueux:

Votre limite de CELI peut tomber à 0! 

Imaginez le scénario cauchemar. Vous avez contribué au fil des années au maximum (63 500$), vous avez des gains et un total de 100 000$ dans votre CELI. Un jour, vos actions chutent et parce que vous avez pris trop de risques, vous vendez en panique et perdez tout. L’an prochain, en 2020, vous ne pourrez contribuer que 6 000$. Vous ne récupérez pas le droit de contribuer à nouveau 63 500$.  Vous n’avez pas juste perdu 100 000$, vous avez aussi perdu à vie la possibilité de défiscaliser 63 500$. Vous ne pouvez même pas déclarer cette perte de capital à l’ARC pour contrebalancer des futurs gains car le CELI c’est un peu Las Vegas. Ce qui se passe dans votre CELI, reste dans votre CELI. Le gouvernement ne veut plus rien savoir de ça. Il ne vous demande plus de payer, mais il ne vient plus à votre secours non plus.

Fair enough

 

 

 

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