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Comment profiter de la chute des marchés?

Un des grands avantages psychologiques de l’investissement passif est qu’on a très très peu de raisons de craindre la perte ultime de 100% ou presque de ses actifs. Si on n’est pas en attente de la fin du monde, on peut espérer que chaque crise est passagère et que les différentes économies mondiales rebondiront même si cela leur prendra plusieurs années. Ajoutons à ça le fait que sur des intervalles de 20 ans et plus, les marchés délivrent toujours à peu près le même rendement moyen. Je ne sais pas où seront les marchés dans un an, mais j’ai de bonnes raisons de penser que dans 20 ans, ils auront pris environ 8-9% par an en comptant les dividendes. Est-ce que ces chiffres sont garantis? Non, bien entendu. Toujours est-il qu’avec un portefeuille diversifié globalement qu’on alimente fréquemment, on ne cherche plus à anticiper l’avenir ni à le craindre. On aime les périodes de gains comme tout le monde, et on supporte les pertes. Cependant un investisseur averti sait qu’il y a mieux à faire que de supporter les pertes.

Votre rendement n’est pas le rendement officiel

Votre comportement détermine votre rendement final et les chiffres officiels que vous voyez sur les prospectus ou les sites ne sont pas forcément les vôtres. Ces chiffres correspondent à un rendement précis entre une date x et une date y si vous n’avez ni ajouter, ni enlever d’argent. Si, comme il le faudrait, vous investissez chaque mois, vous ne pouvez pas connaître votre rendement exact ou du moins le calcul serait très compliqué. Si vous ajoutez de l’argent « stupidement » et mécaniquement, vous pouvez profiter des périodes dites sombres. Je vais essayer de vous montrer à quel point le comportement peut affecter le rendement.

Imaginons une période flat. En l’an 01 le prix des actions est à 20$ et en l’an 10 le prix est toujours à 20$. Sur tous les graphiques et prospectus on vous dira que le rendement de cette décennie (ce n’est que 9 ans mais bon) est de 0% et effectivement, 10 000$ investis tout ce temps n’auront rien gagné (sauf quelques dividendes tout de même).

Par contre, durant ces 9 années il y a eu une grande volatilité qui a provoqué des paniques et fait couler beaucoup d’encre dans les journaux spécialisés. Les marchés sont devenus fous, peut-être des événements géopolitiques pourraient expliquer ces mouvements et beaucoup s’accorderont à dire que ces 9 années là étaient un cauchemar car il y avait peu de stabilité. Le graphique ressemblerait à ceci:

Capture d’écran 2019-04-17 à 09.38.19.png

À titre de comparaison, voici le graphique des actions US entre 2000 et 2009, la fameuse décennie perdue:

Maintenant mettons en scène 3 investisseurs qui, tous les 3, investissent 10 000$ par an dans notre décennie perdue fictive. Chaque année au mois de janvier, ils vérifient leur portefeuille et réagissent en conséquence. Voyons justement les conséquences de leurs réactions.

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Frisquette a 2 moments de panique en l’an 02 et en l’an 07 où elle a tout vendu. En l’an 03 elle doit être bien contente d’avoir échappé au -33% et elle raconte sûrement partout à quel point elle a su vendre au bon moment en limitant ses pertes. En l’an 05 et 06 elle doit aussi se féliciter d’avoir su racheter à temps pour profiter du +13% et +5,88% bien qu’elle ait manqué le +50% de l’an 04. C’est souvent comme ça lorsqu’on essaie d’anticiper en vendant. On prend un peu de perte (pas forcément toute la perte) mais on ne revient qu’après le vrai rebond, quand on est « rassuré ». Au final, elle gagne tout de même de l’argent. Chaque année elle a gagné en moyenne 1,87% de ses 10 000$.

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Paralix ne panique pas mais il serre les dents pendant la tempête. Lorsque les marchés baissent trop, il garde sa nouvelle mise en réserve, sans vendre l’ancienne, et il attend des jours meilleurs. Pendant 7 ans, ses performances sont les mêmes que Frisquette. Mais en l’an 08 il se passe quelque chose de crucial. La quantité d’actions (unités possédées) qu’il a accumulée dépasse celle de Frisquette, car il n’a jamais vendu. Par conséquent, les 3 dernières années font toute la différence. La quantité, vous vous souvenez de cette force qui aide vos investissements à décoller? Paralix est resté investi et c’est déjà là le principal. Il a un gain total de 21 308$, soit 19 437$ de plus que Frisquette et c’est sa récompense pour avoir pris 2 ans de risque de plus dans les pires moments.

Capture d’écran 2019-04-16 à 22.07.28

Smartex pourrait être un robot. Il ne fait qu’investir sans se poser de questions et cette attitude lui rapporte beaucoup. Frisquette et Paralix ont un plus gros portefeuille les 3 premières années, mais dès l’an 03, il a une plus grande quantité d’actions que les 2 autres. Cela va le mettre sur orbite le reste de la décennie et ce malgré la grosse chute de l’an 07. Ce qui est important pour Smartex c’est le prix moyen auquel il a obtenu sa quantité d’actions. Frisquette a payé chacune de ses actions en moyenne 19,6$. Paralix a payé 16,5$ et Smartex les a eu pour 15$. À chaque fois que le marché baissait, les 10 000$ de Smartex pouvaient acheter une plus grande quantité d’actions que l’année précédente baissant ainsi le prix moyen. Il n’a même pas spécialement chercher à profiter des baisses, il a simplement suivi l’exemple de l’investissement passif parfait. Peut-être même a-t-il donné un ordre de virement automatique annuel et a complètement oublié son portefeuille pendant 10 ans. Avec de la chance, il l’oubliera encore longtemps. Le voilà avec 32 780$ de gains alors que l’action, en 9 ans, n’a jamais pris 1 centime de plus par rapport à l’an 01. N’oubliez pas aussi que plus il a d’unités, plus ces mêmes unités lui verseront de dividendes. En l’an 10, si l’action payait 0,3$/unité par trimestre, Frisquette recevrait 6 110$ de dividendes, 7 278$ pour Paralix et 7 967$ pour Smartex. Au fil des années, cette différence en dividendes agrandirait encore plus l’écart de performances.

On pourrait même imaginer un 4ème investisseur qui chercherait à investir encore plus que 10 000$ les années de perte. Il pourrait soit emprunter de l’argent, soit se priver davantage ou encore… vendre d’autres investissements comme… des obligations par exemple?

 

Conclusion

 

Tout ceci est la preuve mathématique qu’acheter bas est le moyen parfait pour profiter des baisses des marchés. C’est aussi la preuve que ce sont nos émotions et réactions qui entravent notre rendement, et ce bien plus que les taxes, l’inflation ou les frais. Investir via des ETF mondialement diversifiés pour répliquer le rendement moyen des marchés, puis contribuer mécaniquement à ses investissements est la stratégie qui enlève le mieux toute implication émotionnelle dans la prise de décision. Les décisions sont prises en amont en répondant à ces questions:

1- Combien puis-je investir chaque mois et comment augmenter cette somme?

2- Quelle est ma tolérance au risque pour bien répartir mes actifs?

3- Ai-je réduit mes coûts en choisissant le bon courtier et les bons produits?

5- Ai-je pris en compte ma situation fiscale avant d’investir?

Ce sont des questions dont vous pouvez contrôler les réponses. Jamais vous ne vous demanderez ce qu’ont fait les marchés la veille et ce qu’ils feront le lendemain car vous ne contrôlerez jamais cela. Laissez tomber ce que vous ne pouvez contrôler. Investissez comme une machine. Soyez ennuyeux mais efficace.

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