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Mon avis sur Raison et Sentiments

J’ai acheté, et lu Raison et Sentiments il y a des années, quand j’étais encore étudiante en France. Je l’ai retrouvé dans ma bibliothèque récemment (on a déménagé au Canada avec une tonne de livres…) et il trainait depuis de longs mois près de mon lit. À chaque fois que je voulais le commencer, quelque chose d’autre se présentait. J’avais trop à faire au boulot et je passais mes soirées à travailler sur mes cours, ou j’étais trop concentrée sur les corrections de mon roman.

Mais récemment, mon amie Marie Eve m’a lancé un défi : me forcer à lire tous les soirs au moins 20 minutes, et pas d’excuses possible ! Cette fois, il fallait donc que je relise ce roman chouchou.

Les trois premiers soirs, j’avoue que je me suis un peu forcée. J’étais fatiguée, j’ai la version originale, et lire en anglais a tendance à m’endormir (bon, surtout quand c’est de l’anglais victorien, juste le temps de me remettre dans le bain). Le quatrième soir par contre, j’ai vraiment eu du mal à lâcher le bouquin pour dormir. Et finalement, j’ai passé mon week end à le lire, pour le terminer dimanche soir.

Tout m’est vite revenu en tête. Je me suis souvenue de ce que j’aimais tant chez Jane Austen, cet auteure remarquable… Et j’ai donc eu envie de vous partager mon avis sur ce roman.

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De quoi ça parle, Raison et Sentiment ?

Bon, j’avoue, je suis sûre que beaucoup d’entre vous ont déjà vu une des adaptations de Raison et Sentiments. Les plus récentes sont le film, produit en 1995 (avec Emma Thompson, Kate Winslet et Hugh Grant) et la mini-série de la BBC 2008. Je ne peux pas vous dire laquelle je préfère. Le film est excellent, avec de très bons acteurs. La série de la BBC est sans doute plus fidèle au roman, et plus développée.

Mais, revenons-en à l’histoire, que je vais quand même présenter pour ceux et celles qui ne la connaitraient pas.

Papa Dashwood meurt, il laisse sa femme et ses trois filles (Elinor, Marianne et Margaret) dans une situation précaire. Pas parce qu’il avait des dettes, mais parce que la loi britannique n’autorisait pas, à l’époque, de léguer ses terres et ses biens à ses filles. Son fils, d’un premier mariage, récupère donc le grand domaine et ne respecte pas la promesse faite à son père de s’assurer l’avenir de ses demi-soeurs et de sa belle-mère.

Le fils et sa femme (au caractère plutôt abject) viennent donc s’installer dans leur belle maison. La cohabitation ne se passe pas très bien, les filles Dashwood cherche un endroit où partir vivre, mais ayant très peu de moyens, elles savent que ce sera difficile à trouver.

Quand arrive au domaine le frère de la méchante belle-soeur. Il s’appelle Edward, il  est gentil, un peu timide, assez mal à l’aise en société. Il lit très mal la poésie, ce qui énerve Marianne. Mais Elinor l’aime vraiment beaucoup, et son sentiment est réciproque.

Et comme Elinor n’a pas un rond, la méchante belle-soeur prévient maman Dashwood qu’il ne se passera vraiment RIEN entre eux. Maman Dashwood décide donc d’accepter la proposition de son cousin, qui lui offre un petit cottage avec un loyer pas cher, très loin de leur région natale (enfin, très loin.. quand on vit au Canada c’est très relatif).

Voilà en gros le début de l’histoire. Dans leur nouvelle région, Marianne tombera folle amoureuse d’un charmant jeune homme. Sera-t-il sincère ? Elinor retrouvera-t-elle Edward ?

Pourquoi lire Raison et Sentiments ?

Bonne question, n’est-ce pas ? Pourquoi lire ce roman, dont l’intrigue n’est pas forcément la plus originale.

Tout simplement parce que la plume, la voix et le ton de l’auteur valent le détour. Jane Austen nous présente cette histoire principalement sous le point de vue d’Elinor. Jane nous décrit toues les situations et les personnages sous un trait presque parodique. Elle manie l’ironie, parfois le sarcasme dans des phrases telles que :

« M. Palmer est si drôle, dit-elle à l’oreille d’Elinor. Il est constamment de mauvaise humeur. »
Après l’avoir observé quelque peu, Elinor ne put se résoudre à reconnaître qu’il fût naturellement et sans effort aussi revêche et aussi mal élevé qu’il cherchait à le paraître. Peut-être son humeur avait-elle pu s’aigrir dans une certaine mesure en découvrant comme plus d’une autre personne de son sexe que, sous l’effet d’une prévention inexplicable en faveur de la beauté, il se retrouvait marié à une femme très sotte.

Ou encore :

Je me suis souvent surprise moi-même à faire ce genre d’erreur, dit Elinor, à me méprendre sur quelque aspect d’un caractère; on s’imagine que les gens sont plus gais ou plus graves, plus ingénieux, plus stupides qu’ils ne le sont en réalité, et il est difficile de dire comment et en quoi l’erreur a pris naissance. Parfois, on se fonde sur ce qu’ils disent eux-même et, plus fréquemment, sur ce qu’en disent les autres, sans se donner à soi-même le loisir de réfléchir et de juger

Et enfin :

Mrs Dashwood plut également à Lady Middleton. Il y avait chez toutes les deux un égoïsme et une sécheresse de cœur qui les attiraient mutuellement; et elles communiaient, l’une, l’autre, dans une insipide correction et un manque complet d’intelligence.

Comme vous pouvez le constater, ce roman ne fait pas que raconter une histoire d’amour. Jane Austen s’en sert aussi pour dresser un portrait très critique de la société, avec ses codes, ses fausses apparences et ses absurdités. Mais ne vous y détrompez pas, Jane Austen met aussi en avant des valeurs qui avaient beaucoup d’importance à cette époque (et qui en ont encore aujourd’hui).

Les thèmes abordés sont aussi toujours d’actualité. Que ce soit la place de la femme dans la société (arg qu’on doive encore se battre pour ça..), les apparences, l’hypocrisie, la perte des idéaux de la jeunesse, ou encore la recherche simple du bonheur. Tout dans ce roman peut nous ramener à notre propre existence.

Les relations, que ce soit le contraste entre les soeurs ou avec les hommes, sont aussi décrites de façon très réalistes. On s’imagine dans l’intimité d’Elinor et de Marianne. On se revoit, à l’âge de Marianne, dans cet ouragan du premier amour.

Mon coup de coeur

Raison et Sentiments est un véritable coup de coeur. Un roman-doudou. C’est le genre de livre que je peux relire, ou ouvrir à n’importe quelle page quand le moral n’est pas trop là. La résilience d’Elinor et son côté rationnel me rassurent. Et puis j’aime ces histoires d’amour simples et vraies.

À lire aussi

Si vous avez aimé Raison et sentiments, je vous conseille de continuer avec la lecture d’Orgueil et préjugés, un roman ultra-célèbre (et adaptés de nombreuses fois au cinéma/en série). Allez lire aussi Persuasion, qui est un petit moins connu, mais que j’aime encore plus.



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