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Que faire avec votre épargne (partie 3)?

L’épargne à long terme (15 ans+)

Vous l’avez sûrement compris en lisant certains articles précédents, un de nos buts est d’acquérir une bonne dose d’indépendance financière. Pour cela il n’y a pas 36 méthodes. Il faut épargner beaucoup et pas uniquement une épargne de précaution ni un pécule pour partir en voyage ni planifier un achat immobilier. Non, il faut se bâtir un capital qui permettra plus tard de supporter notre mode de vie, complémenter nos revenus du travail et, à terme, les remplacer intégralement. Étant donné que cet argent ne peut pas dormir sous un matelas ni dans un simple compte d’épargne, quels sont les meilleurs choix d’investissements possibles pour un rendement raisonnable aves des risques tolérables ?

 

       1- L’immobilier locatif

apartment architecture city colorful

Photo de Pixabay sur Pexels.com

C’est un placement populaire pour les membres de la classe moyenne et il n’y a pas de doute que l’on puisse faire fructifier son argent par ce moyen. Personnellement c’est un domaine que je ne connais pas bien. Mon impression est que les gros gains qu’on peut parfois en retirer viennent du fait que l’on prend plus de risques qu’on ne réalise en investissant par le biais du crédit (levier), en misant beaucoup d’argent sur un seul bien (peu de diversification) et en oubliant facilement les dépenses annexes que ce genre d’investissement entraîne forcément (réparations, déplacement pour l’entretien, frais de gestion d’une agence, taxes, intérêts du prêt…). Il n’y a rien de mal à investir dans un bien locatif tant qu’on comprend ce que l’on fait et qu’on ne se laisse pas aveugler par l’argent qui rentre sans voir celui qui sort. Je connais plusieurs propriétaires qui sont déçus lorsqu’ils réalisent qu’ils ont un rendement net de 1% malgré plus de 10 000$/mois de loyers. Cependant les gains de capitaux à la revente (une fois les taxes payées) peuvent compenser ce faible rendement. Notez bien que je ne considère pas la résidence principale comme un investissement. C’est une bonne idée de devenir propriétaire de votre logement si vous pouvez vous le permettre, mais votre maison ne vous paie ni intérêts, ni dividendes. Pire, le seul moyen d’en tirer du cash est de prendre un crédit contre sa valeur. La plupart des gens ne devraient jamais faire ça.

       2- Les actions

stock exchange board

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Il y a beaucoup de fantasmes autour des marchés boursiers mais ce n’est pas quelque chose qui est réservé aux 1% les plus riches ni qui est manipulé par je ne sais quelle puissance maléfique néo-libérale et ultra-mondialiste. En revanche, c’est vrai que les 1% s’enrichissent continuellement grâce aux actions car ils n’ont pas peur de s’en servir, alors que trop d’entre nous préfèrent le crédit qui nous appauvrit. Et c’est vrai aussi que l’industrie financière/banquière se fait un plaisir d’écorcher vif tous ceux qui s’approchent d’eux par le biais de frais exorbitants. Je ferai un article plus en détails sur les frais et comment ils tuent votre épargne.

Une action représente une part de propriété d’une entreprise réelle qui fait des profits réels et qui reverse une part de ses profits à ses actionnaires soit sous forme de dividendes, soit avec la valorisation de son action (gain de capital). La valeur des actions peut parfois s’éloigner fortement des profits réels de l’entreprise, mais comme un chien attaché à une laisse que tire son maître, elle finit par revenir plutôt brutalement que ce soit à la hausse ou à la baisse. Les périodes de bulles (surévaluation) et de sous-évaluation sont des mouvements psychologiques naturels qu’il faut laisser passer et il y a même des moyens d’en profiter.

C’est pourtant l’investissement financier qui est le plus rentable, qui est très liquide et qui est le plus transparent également. C’est cette transparence qui d’ailleurs inspire tant de craintes. Qu’ils montent ou descendent, voir les prix fluctuer chaque seconde est parfois intimidant. Les actions sont pour le long terme uniquement car il y a bien trop de risques à perdre son capital pour une période inférieure à 15 ans. Le but n’étant pas de spéculer mais de rester investi ad vitam aeternam. La meilleure manière d’aborder les actions est par le biais de l’investissement passif au coût ultra faible. Pour faire simple, il s’agit d’investir régulièrement en 1 ou 2 produits qui regroupent l’ensemble des actions du monde industrialisé et des pays émergents puis de vivre sa vie sans jamais regarder ce qui se passe sur les marchés. Votre pire ennemi avec la bourse, loin devant les frais bancaires et les taxes, est votre comportement.

 

       3- Les obligations (bonds)

person signing contract paper

Photo de rawpixel.com sur Pexels.com

Acheter une obligation revient à prêter de l’argent à la personne qui a émis l’obligation.  Pour notre long terme on veut un emprunteur fiable dans notre monnaie locale. Ce n’est pas l’endroit pour prendre des risques. Le gouvernement fédéral canadien ou les gouvernements provinciaux et municipaux sont des candidats parfaits. Pour bien comprendre les obligations il faut distinguer 3 choses.

  • Le coupon : qui est comme le taux d’intérêt que l’émetteur du bond va vous rembourser tous les mois.
  • Le capital : qui est la somme que vous prêtez et qui peut fluctuer sur les marchés si l’obligation que vous achetez gagne ou perd en « popularité ».
  • L’échéance : qui est le temps pendant lequel vous recevrez des intérêts avant que l’émetteur ne vous rende votre capital.

 

Petit exemple : si vous avez acheté une obligation de 10 000$ (le capital) au gouvernement fédéral en 2012 avec un coupon de 4% et une échéance de 10 ans, le gouvernement vous versera 400$ tous les ans jusqu’en 2022 avant de vous rendre vos 10 000$. Vous aurez donc eu un gain de 4 000$. Si par contre vous décidez de vendre votre obligation en 2019 sans attendre 2022, ce sont les marchés qui vont décider de la valeur de votre obligation. Une obligation fédérale de 2012 est-elle populaire en 2019 ? Si le fédéral émet des obligations en 2019 avec un coupon supérieur à 4%, votre obligation perd en popularité et en valeur car personne ne veut être payé 4% quand il peut avoir 5%. Il faudra donc revendre votre obligation en dessous des 10 000$ de départ (perte de capital) pour compenser l’acheteur du faible rendement. C’est lui qui recevra les 10 000$ en 2022. Si le fédéral émet en 2019 des obligations inférieures à 4%, votre vieux bond de 2012 sera très populaire car plus rentable et vous pourrez le revendre avec un gain (plus-value). Pour résumer, quand les taux d’intérêts montent, vos obligations perdent en valeur et vice versa.

Tout ça peut paraître bien compliqué mais en réalité cela n’a pas beaucoup d’importance. Le rôle des obligations est de profiter de leur stabilité pour faire des arbitrages et équilibrer votre portefeuille. Comparées aux actions, les obligations fluctuent moins, préservent un pouvoir d’achat et mieux, elles ont tendance à monter en valeur quand les actions chutent (corrélation négative). Lorsque vos actions sont en chute libre et que tout le monde vend et panique, c’est là que vous vendez petit à petit vos obligations qui ont monté et vers lesquelles tout le monde veut se réfugier, pour acheter petit à petit des actions qui sont au rabais. Vous vendez haut et achetez bas. C’est la base trop souvent ignorée. Considérez que les obligations sont comme une réserve de cash qui rapporte pas mal de cash, en attendant de l’investir en actions pour… plus de cash.

 

J’espère que cela démystifie un peu cet univers. Je ferai des articles dans le futur pour mieux expliquer comment construire un portefeuille avec des obligations et des actions en fonction de ses besoins (répartition des actifs). J’essaie d’éviter au maximum le jargon technique que j’inclue parfois dans des parenthèses en souhaitant que cela reste clair.

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